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La transition vers la mobilité électrique s’accélère, portée par l’échéance de 2035 qui marquera la fin de la vente des véhicules thermiques neufs dans l’Union européenne. Pour les millions de Français vivant en copropriété, cette mutation soulève une question centrale : comment recharger son véhicule électrique à domicile ? Alors que le parc automobile électrique français dépasse les 800 000 unités pour seulement 100 000 points de recharge publics, l’équipement des parkings d’immeubles devient un enjeu de société majeur, encadré par une réglementation de plus en plus précise et soutenu par des dispositifs d’aide.

Réglementation actuelle des bornes de recharge en copropriété

Le cadre législatif en vigueur

L’installation de bornes de recharge en copropriété est régie par un ensemble de textes visant à faciliter le déploiement de ces infrastructures. La pierre angulaire de cette réglementation est la loi d’orientation des mobilités (LOM) de 2019, qui a renforcé et clarifié les dispositifs existants. Elle impose notamment que la question de l’installation de points de recharge soit systématiquement inscrite à l’ordre du jour de l’assemblée générale des copropriétaires, garantissant ainsi un débat sur le sujet et une prise de décision collective éclairée.

L’obligation de pré-équipement

Pour anticiper les besoins futurs, la loi impose une obligation de pré-équipement pour certaines constructions. Sont concernés les immeubles dont le permis de construire a été déposé après le 11 mars 2021 et qui disposent d’un parc de stationnement de plus de dix places. Ce pré-équipement obligatoire consiste à installer les conduits nécessaires pour le passage des câbles électriques et à prévoir les dispositifs de sécurité en amont, ce qui réduit considérablement le coût et la complexité d’une installation ultérieure. Cette même obligation s’applique aux copropriétés engageant des travaux de rénovation importants sur leur parc de stationnement ou leur installation électrique globale.

Les majorités en assemblée générale

Le vote des travaux relatifs à l’installation de bornes de recharge dépend de la nature du projet. Pour une solution collective, les modalités sont précises :

  • Vote à la majorité simple (article 24) : pour les travaux de pré-équipement rendus obligatoires par la loi.
  • Vote à la majorité absolue (article 25) : pour l’installation d’une infrastructure collective desservant toutes les places de stationnement. Si cette majorité n’est pas atteinte mais que le projet recueille au moins un tiers des voix, un second vote à la majorité simple peut être organisé au cours de la même assemblée.

Cette clarification des règles de vote vise à lever les blocages fréquents et à encourager les projets d’envergure qui bénéficient à l’ensemble des résidents.

Une fois le cadre réglementaire global posé, il convient de s’intéresser aux droits spécifiques dont dispose chaque résident pour équiper sa propre place de stationnement.

Droit à la prise : un levier pour les copropriétaires

étapes de l'installation d'une borne de recharge

Qu’est-ce que le droit à la prise ?

Instauré dès 2011, le droit à la prise est un dispositif fondamental qui permet à tout occupant d’un immeuble en copropriété, qu’il soit propriétaire ou locataire, de demander à installer à ses frais une solution de recharge sur sa place de parking. Ce droit individuel constitue un puissant levier pour contourner l’éventuelle inertie d’une copropriété. Il s’applique aux parkings clos et couverts et garantit à chaque utilisateur de véhicule électrique la possibilité de disposer d’une solution de recharge personnelle, sans dépendre d’une décision collective.

Conditions et procédure

L’exercice du droit à la prise suit une procédure formelle mais simple. Le demandeur doit notifier sa volonté au syndic de copropriété par lettre recommandée avec accusé de réception. Le courrier doit contenir :

  • Une description détaillée des travaux à entreprendre.
  • Un plan technique d’intervention.
  • Un schéma du raccordement électrique envisagé.

Le syndic inscrit alors le point à l’ordre du jour de la prochaine assemblée générale, non pas pour un vote, mais pour information. Le syndicat des copropriétaires ne peut s’opposer à la demande que pour des motifs très stricts.

Les limites et oppositions possibles

La copropriété ne peut refuser la demande d’un résident que dans deux cas de figure précis. Le premier est un motif sérieux et légitime, comme une impossibilité technique avérée ou une mise en danger de la sécurité de l’immeuble. Le second motif d’opposition est la décision de la copropriété de mettre en œuvre une solution de recharge collective pour l’ensemble des places de stationnement. Dans ce cas, les travaux collectifs doivent être réalisés dans un délai raisonnable pour que l’opposition soit valide. Cette disposition vise à privilégier les infrastructures partagées, souvent plus optimisées et pérennes.

Que la démarche soit individuelle via le droit à la prise ou collective, elle aboutit inévitablement à la phase concrète des travaux.

Étapes de l’installation d’une borne de recharge

La phase de préparation et de demande

Avant toute chose, le projet doit être mûrement réfléchi. La première étape consiste à faire appel à un électricien qualifié, idéalement porteur de la mention IRVE (Infrastructure de Recharge pour Véhicule Électrique). Ce professionnel réalisera une visite technique pour évaluer la faisabilité, la puissance disponible et proposer la solution la plus adaptée. Sur la base de son diagnostic, il établira un ou plusieurs devis détaillés. C’est avec ce dossier technique complet que le copropriétaire pourra ensuite formuler sa demande officielle auprès du syndic, dans le cadre du droit à la prise ou d’un projet collectif à soumettre au vote.

Le choix de l’équipement

Le marché offre une large gamme de solutions de recharge. La plus courante en copropriété est la borne murale, ou « wallbox », qui offre un excellent compromis entre sécurité, rapidité et coût. La puissance de ces bornes varie généralement de 3,7 kW à 22 kW. Le choix dépendra de l’usage du véhicule, du type de raccordement possible et du budget. Notre consigne, considérer des fonctionnalités intelligentes comme le délestage ou la programmation des heures de recharge, qui permettent d’optimiser la consommation électrique de l’immeuble. Pour des besoins moindres, une prise renforcée peut être une alternative économique, bien que plus lente.

  • Evjuicion Wallbox 8A/10A/13A/16A/32A, 7,4kW, 0-8H Borne de Recharge Vehicule Electrique Monophasé avec Câble de Recharge Type 2 5M, Domestique Station de Chargeur Voiture Electrique pour BEV/PHEV
  • dé Borne de Recharge Véhicules Électrique 7kW APP [7,5m, 6-32A, Monophasé] Wallbox 7kW avec Câble de Recharge Type 2 7,5m, RFID, Borne de Recharge avec RCD Type-B et ip54 pour E-208 et autres BEV/PHEV
  • AIMILER Chargeur Voiture Electrique 11kW APP 8-16A 7,5M Borne de Recharge Véhicule Électrique Triphasé Numérique OLED IP66 avec Type 2 Compatible avec Support Mural avec Model 3/Y, EX30, et PHEVs

L’intervention de l’installateur qualifié

L’installation d’une borne de recharge est une opération technique qui touche à l’installation électrique d’un bâtiment et ne doit pas être prise à la légère. Le recours à un professionnel certifié IRVE est non seulement un gage de sécurité et de conformité aux normes en vigueur (notamment la norme électrique NF C 15-100), mais c’est aussi une condition sine qua non pour pouvoir prétendre aux aides financières de l’État. L’installateur se chargera du raccordement, de la pose de la borne et de la mise en service de l’installation.

Le coût de ces travaux peut représenter un investissement conséquent, mais il existe heureusement des mécanismes pour en alléger la charge.

Aides financières disponibles pour l’installation

La prime Advenir : un soutien majeur

Le programme Advenir, piloté par l’Avere-France, est le principal dispositif de subvention pour l’installation de points de recharge. Il s’adresse aussi bien aux particuliers en copropriété qu’aux syndics pour les projets collectifs. Les montants et taux de prise en charge sont conçus pour encourager les différentes démarches.

Type de projet Taux d’aide Plafond par point de recharge
Solution individuelle (droit à la prise) 50 % 960 €
Solution collective (infrastructure partagée) 50 % 1 660 €
Pré-équipement et voirie 50 % 3 000 € (par copropriété)

La demande de prime est généralement gérée directement par l’installateur labellisé Advenir, qui déduit le montant de l’aide de la facture finale.

Autres dispositifs de financement

En complément de la prime Advenir, d’autres aides peuvent être mobilisées. L’installation d’une borne de recharge dans un logement de plus de deux ans bénéficie d’un taux de TVA réduit à 5,5 % sur le matériel et la main-d’œuvre. De plus, il ne faut pas négliger les aides locales. De nombreuses régions, départements ou métropoles proposent leurs propres subventions, qui peuvent parfois se cumuler avec les dispositifs nationaux. Il est donc essentiel de se renseigner auprès des collectivités territoriales pour connaître l’ensemble des aides disponibles.

Conditions d’éligibilité

Pour bénéficier de ces aides, plusieurs conditions doivent être respectées. La plus importante est, comme mentionné précédemment, de faire appel à un installateur qualifié IRVE. Le matériel installé doit également répondre à un cahier des charges précis, incluant notamment des exigences en matière de pilotage énergétique. Enfin, les demandes doivent être déposées en respectant les procédures propres à chaque dispositif, une démarche dans laquelle l’installateur joue un rôle de conseil et d’accompagnement.

Ces aides sont évolutives et s’adaptent aux nouvelles réalités du marché, comme en témoignent les ajustements prévus pour l’avenir proche.

Impact des nouvelles législations en 2025 sur les copropriétés

Évolution des obligations réglementaires

À l’horizon 2025, la législation continue de se renforcer pour accélérer le déploiement des infrastructures. La loi Climat et Résilience de 2021 prévoit notamment que tous les parkings de plus de 20 places des bâtiments non résidentiels existants devront être équipés d’au moins un point de recharge. Bien que cette mesure ne vise pas directement le résidentiel, elle témoigne d’une volonté politique forte qui pourrait, à terme, inspirer de nouvelles obligations pour les copropriétés. L’anticipation reste donc le maître-mot pour les syndics et les copropriétaires.

Ajustements de la prime Advenir

Le programme Advenir est régulièrement réévalué pour rester en phase avec les objectifs nationaux. Pour 2025, les orientations confirment une volonté de prioriser les solutions collectives. Les aides pour les infrastructures partagées et intelligentes devraient être maintenues, voire renforcées, tandis que le soutien aux solutions purement individuelles pourrait être progressivement réduit. Cette stratégie vise à encourager des installations plus rationnelles et évolutives, capables de gérer la charge de plusieurs véhicules simultanément sans surcharger le réseau électrique de l’immeuble. Les copropriétés ont donc tout intérêt à engager une réflexion globale plutôt que de gérer les demandes au coup par coup.

Anticiper pour mieux se conformer

Face à ce cadre réglementaire et incitatif en constante évolution, l’attentisme n’est pas une stratégie viable. En engageant dès maintenant une réflexion sur l’équipement de leur parking, les copropriétés peuvent bénéficier des aides actuelles, planifier sereinement les travaux et valoriser leur patrimoine immobilier. Une infrastructure de recharge devient progressivement un critère de choix pour les acheteurs et locataires, et son absence pourrait à terme constituer un facteur de dépréciation. La mise en place d’un plan pluriannuel de travaux pour l’électromobilité est une démarche proactive et judicieuse.

L’anticipation passe souvent par le choix d’une infrastructure pensée pour le long terme, ce qui nous amène naturellement à considérer les solutions collectives.

Solutions collectives pour optimiser l’installation de bornes

Les avantages d’une infrastructure partagée

Opter pour une solution collective plutôt qu’une multiplication d’installations individuelles présente de nombreux avantages. Le premier est d’ordre économique : la mutualisation des coûts liés au raccordement principal, au câblage et aux équipements de gestion permet de réaliser d’importantes économies d’échelle. Sur le plan technique, une infrastructure collective permet une gestion intelligente de la puissance disponible. Grâce à des systèmes de délestage dynamique, elle répartit l’énergie entre les véhicules en charge, évitant ainsi de devoir augmenter la puissance de l’abonnement électrique de l’immeuble, une opération souvent coûteuse. Enfin, c’est une solution plus équitable, plus esthétique et plus évolutive, qui valorise l’ensemble de la copropriété.

Différents modèles de solutions collectives

Il existe principalement deux approches pour une infrastructure collective. La première consiste à faire installer par la copropriété une colonne montante électrique dédiée, à partir de laquelle chaque résident qui le souhaite pourra se raccorder pour alimenter sa borne individuelle. La copropriété prend en charge l’investissement initial, et chaque utilisateur paie ensuite sa propre borne et sa consommation. La seconde approche, de plus en plus populaire, est de faire appel à un opérateur de recharge tiers. Cet opérateur finance, installe et gère l’ensemble de l’infrastructure. Les résidents s’abonnent alors à son service pour accéder à la recharge, ce qui décharge entièrement la copropriété des aspects techniques et financiers.

Le vote en assemblée générale

La décision d’installer une infrastructure de recharge collective relève, comme nous l’avons vu, de la majorité de l’article 25 de la loi de 1965. Il s’agit de la majorité des voix de tous les copropriétaires, présents, représentés ou absents. Un projet bien préparé, présentant clairement les avantages techniques et financiers de la solution collective, ainsi que les aides mobilisables, a toutes les chances de convaincre une majorité de copropriétaires de l’intérêt d’un tel investissement pour l’avenir de leur résidence.

L’équipement des copropriétés en bornes de recharge est une étape incontournable de la transition énergétique. Le cadre légal, avec le droit à la prise comme filet de sécurité individuel, et les incitations financières comme le programme Advenir, sont conçus pour accompagner ce mouvement. Toutefois, l’avenir appartient aux solutions collectives, plus rationnelles et pérennes, qui permettent de répondre de manière optimisée aux besoins croissants des résidents. Anticiper et planifier ces installations est aujourd’hui une nécessité pour les syndics et les copropriétaires soucieux de valoriser leur patrimoine et de s’inscrire dans la mobilité de demain.